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Robert Kubica est un pilote automobile polonais né le 7 décembre 1984 à Cracovie (Pologne). Devenu lors du Grand Prix de Hongrie en août 2006 le premier Polonais à prendre le départ d'un GP de Formule 1, il est désormais l'un des deux pilotes titulaires de l'écurie BMW Sauber après la mise à l'écart du Québécois Jacques Villeneuve.
1984-1994: Initiation à la vitesse
Robert Kubica (à prononcer ‘’Koubitsa’’) connaît une enfance un peu plus aisée que les enfants de son âge. Dès 4 ou 5 ans, il commence à piloter des petites voitures achetées par son père et à s'entraîner sur des parkings, où il affine ses trajectoires en slalomant entre des bouteilles. Son père lui confectionne par la suite un engin capable d'atteindre les 90 km/h, et sur lequel Robert n'a de cesse de martyriser les pneus à grand coup de dérapage. C'est à ses 7 ans que le père de Robert lui offre son premier kart. Mais l'apprenti pilote est encore trop jeune pour se voir accorder une licence et pour rouler en compétition.
1995-2000: Succès en karting
Robert doit attendre ses 10 ans pour disputer ses premières compétitions. Malgré la situation économique précaire de la famille, son père n'hésite pas à faire les efforts financiers nécessaires pour lui permettre de poursuivre ses progrès, en achetant de nouveaux karts. Robert est également aidé dans sa progression par sa rencontre avec Jurek Wrona, un mécanicien réputé pour être un des meilleurs préparateurs de moteurs en Pologne. Rapidement, Kubica se met à dominer sans partage les circuits polonais et à cumuler les titres de champion national.
Tandis que la carrière naissante de Robert l'amène à dépasser les frontières polonaises et à courir notamment en Italie, sa famille n'est plus en mesure d'en supporter les coûts. Le salut vient de l'écurie de karting italienne CRG, qui séduit par ses belles prestations, lui propose un volant de pilote officiel. A 14 ans c'est un véritable changement de vie pour le jeune Kubica, désormais installé à temps plein en Italie. Dans un premier temps pilote d'essais, Kubica accumule les kilomètres, avant d'être titularisé. Preuve de son talent, il remporte le championnat d'Italie Junior, la Monaco Kart Cup et termine vice-champion d'Europe. Toujours chez CRG en 1999, il remporte à nouveau le championnat d'Italie Junior, celui d'Allemagne, décroche une nouvelle Monaco Kart Cup et termine 4e du championnat du monde Formule A. En 2000, Kubica décide de quitter l'écurie CRG pour rejoindre l'équipe Birel. Il est à nouveau titré en Allemagne et en Italie.
2001-2002: Formule Renault en Italie
Contacté par Daniel Morelli (le manager du pilote de F1 brésilien Pedro Diniz), Robert Kubica est invité à Valence pour y disputer la dernière manche du championnat de Formule Renault 2 litres. Un premier contact qui, suivi d'un test réussi quelques mois plus tard sur le piste de Ledenon, ouvre la voie à un engagement complet à partir de la mi-saison 2001 au sein de l'équipe RC Motorsport. Considéré comme un des pilotes les plus prometteurs de sa génération, Kubica est même sélectionné en fin d'année par le Renault Driver Development, ce qui lui apporte un soutien budgétaire bienvenu. En 2002, Kubica remporte 4 victoires, et termine vice-champion de Formule Renault italienne, malgré de nombreux problèmes techniques.
2003-2004: Espoirs déçus en Formule 3
En 2003, malgré son éviction du RDD, Kubica accède au nouveau championnat de Formule 3 Euroseries, au sein de l'ambitieuse équipe Prema Powerteam. Mais peu avant le début de la saison, il est victime d'un grave accident de la route en Pologne, alors qu'il était passager. Relevé avec de multiples fractures au bras, il est pris en charge par le Docteur Riccardo Ceccarelli (médecin de l'équipe Toyota F1) est contraint d'observer une longue convalescence et de manquer les trois premiers meeetings (soit six courses) de la saison. De retour à la compétition sur le circuit du Norisring, Kubica stupéfait les observateurs en s'imposant dès sa toute première participation, et cela malgré une condition physique encore précaire, même s'il convient de préciser que le tracé du Norisring n'est pas la plus exigeant de la saison. La suite de sa saison est plus délicate, et Robert peine à rivaliser régulièrement avec les meilleurs.
A nouveau en Formule 3 Euroseries en 2004, il intègre les rangs du ASL-Mücke, mais sans guère plus de réussite. Il réalise néanmoins une performance de tout premier ordre en fin de saison lors du presigieux GP de Macao F3 (au volant d'une monoplace du Manor Motorsport, il termine 2e, après avoir signé la pole-position, le meilleur tour en course, et dominé son coéquipier d'un jour Lewis Hamilton).
2005: Triomphe en World Series by Renault
Kubica parvient à poursuivre sa progression dans la pyramide du sport automobile, en décrochant un volant en 2005 dans le championnat de World Series by Renault au sein de l'équipe espagnole Epsilon Euskadi, dirigée par Joan Villadelprat. Un homme que connait bien Daniel Morelli puisqu'il était le directeur sportif de Ligier à l'époque où Diniz pilotait pour l'écurie française. Malgré le budget limité de son équipe, Robert Kubica décroche quatre victoires, et remporte le titre des pilotes, tout en offrant le titre "écurie" à Epsilon. Dans un pays où le sport automobile reste très confidentiel, ses succès déclenchent un bel engouement comme en témoignent les audiences télévisées des Nissan World Series (supérieures à celles de la F1) et contribuent à faire de lui une célébrité nationale.
Après avoir manqué une première opportunité de rouler en F1 (l'équipe Minardi voulait faire de lui son pilote du vendredi à l'occasion du GP du Japon 2005, mais la FIA a refusé d'accorder à Kubica sa super-licence, arguant de son absence d'expérience au volant d'une F1), il boucle sa saison par un bref retour en Formule 3 (dans l'équipe Carlin), à l'occasion du GP de Macao. Comme l'année précédente, il doit se contenter de la deuxième place après s'être élancé de la pole-position.
2006: Les débuts en Formule 1
Ironie de l'histoire pour celui qui un an plus tôt avait été ejecté du RDD, son titre en World Series by Renault lui permet d'effectuer en décembre 2005 des tests pour le Renault F1 Team. Kubica signe d'excellents chronos, mais ayant déjà trois pilotes sous contrat (Alonso, Fisichella et Kovalainen), Renault n'est pas en mesure de lui proposer autre chose qu'un strapontin. Kubica préfère donc refuser de s'engager avec l’équipe française. Un choix risqué mais qui s'avère payant lorsque quelques semaines plus tard, en janvier 2006, il est contacté par l'écurie BMW Sauber pour essayer une de ses monoplaces (en réalité une Sauber de l'année précédente). A nouveau très performant, Kubica est engagé en qualité de troisième pilote.
Présent sur tous les GP du championnat du monde 2006 en qualité de 3e pilote chargé des essais du vendredi, Kubica se montre régulièrement plus rapide que les pilotes titulaires Nick Heidfeld et Jacques Villeneuve (à cette réserve près que lors de la journée du vendredi, le pilote essayeur dispose souvent d'une voiture plus performante que les titulaires). Mais les éloges régulières de son directeur sportif Mario Theissen révélent la forte estime dont il jouit en interne.
Suite à l’indisponibilité de Jacques Villeneuve, mal remis d'un accident au GP d’Allemagne, Kubica effectue ses débuts en GP à l’occasion du GP de Hongrie 2006. Malgré plusieurs erreurs en course sous la pluie, et une disqualification pour poids non conforme (alors qu'il avait terminé 7e), le pilote polonais séduit par ses belles performances. Le 7 août, au lendemain de son premier GP, l'équipe BMW Sauber annonce le remplacement définitif de Villeneuve par Kubica pour toute la fin de saison. La 10 septembre, lors du GP d’Italie, Robert Kubica, après s'être qualifié en 6e position, obtient, dès son troisième Grand Prix, son premier podium, en terminant 3e derrière Michael Schumacher et Kimi Räikkönen. Il devient ainsi le premier pilote polonais à monter sur le podium d'un Grand Prix de Formule 1.
2007 : L'accident au GP du Canada de Formule 1
Confirmé chez BMW Sauber pour la saison 2007 aux côtés de Nick Heidfeld, celui qui passe pour la grande révélation de 2006 est très attendu, et cela d'autant plus que les monoplaces d'Hinwill ont affiché un potentiel prometteur lors des essais hivernaux.
Le début de saison de Robert s'avère pourtant délicat. Assez nettement dominé en performance pure par Heidfeld (ce que le principal intéressé explique en partie par ses difficultés à adapter son style de pilotage aux gommes Bridgestone), il voit en outre se concentrer sur sa voiture les principaux soucis de fiabilité de l'écurie. Après avoir marqué ses premiers points de la saison à Sakhir où il termine 6e (mais assez loin de Heidfeld), il retrouve un niveau de compétitivité plus conforme à ses ambitions initiales à Barcelone où il termine au pied du podium, avant de décrocher une solide cinquième place dans les rues de Monaco.
Son retour en forme est brutalement interrompu lors du Grand Prix du Canada. Qualifié en huitième position, Robert Kubica évolue dans le ventre mou du peloton suite à son premier ravitaillement effectué sous le régime de la voiture de sécurité. Au 27e tour, il entre en contact avec la Toyota de Jarno Trulli dans la portion du circuit qui ramène les concurrents vers l'épingle du casino, et perd son aileron avant. Sa BMW quitte la piste, décolle et s'écrase de face contre un muret de béton (d'après les relevés de la boîte noire, l'impact a eu lieu à 230 km/h et Kubica a encaissé une décélération de 75-G) avant de rebondir sur la piste, de faire un tonneau, de glisser et de finalement s'immobiliser dans l'épingle. Kubica reste prisonnier de ce qui reste de sa monoplace pendant plusieurs minutes, avant d'être évacué vers le centre médical du circuit, puis vers un hôpital de Montréal. La violence de l'impact et les images du pilote immobile laissent craindre le pire mais les premières nouvelles en provenance de l'entourage du pilote sont rassurantes, et dans la soirée, un communiqué médical annonce qu'il ne souffre que d'un léger traumatisme crânien, ainsi que d'une entorse à la cheville (alors que les premières nouvelles faisaient état d'une possible fracture à la jambe).
Dès le lundi, soit le lendemain de son accident, Robert Kubica quitte l'hôpital, sans séquelles apparentes de son accident. Immédiatement, il confie son envie de participer au GP des États-Unis, dont les premiers essais sont prévus le vendredi suivant. Mais le jeudi, les délégués médicaux de la FIA, après examen, refusent de lui accorder leur feu vert et lui imposent un repos de quelques jours supplémentaires en raison des éventuelles conséquences d’un nouvel accident. Pour le remplacer, BMW fait appel au jeune Allemand Sebastian Vettel, l'un des deux pilotes essayeurs de l'écurie. Il effectue son retour à la compétition lors du Grand Prix de France ou il termine 4e après être parti en 4e position. Il finira également 4e une semaine plus tard au Grand Prix de Grande-Bretagne.
Anecdotiquement, le fait que Kubica ait eu si peu de dommages fut évoqué dans le processus de canonisation de Jean-Paul II comme miracle possible, car le pilote avait une photo de l'ancien pape dans son casque. Cependant malgré l'aspect impressionnant de l'accident, le fait que Kubica soit indemne est loin de constituer un élément surnaturel car les voitures sont conçues précisément pour sauver les pilotes de tels accidents.
2008 : L'année de la confirmation
Le 21 août 2007, BMW le confirme pour la saison 2008, tout comme son équipier Nick Heidfeld. Classé 2e aux qualifications du Grand Prix d'Australie, première épreuve de la saison, Kubica entrevoit quelques instants le podium, mais abandonne finalement à 11 tours de la fin, suite à un accrochage avec Kazuki Nakajima. C'est la première fois de sa carrière que le pilote polonais part d'un Grand Prix en première ligne. Lors du Grand Prix suivant, en Malaisie, il obtient le deuxième podium de sa carrière en finissant deuxième derrière la Ferrari de Räikkönen. Il signe sa première pole position lors des essais qualificatifs du Grand Prix de Bahreïn en devançant la Ferrari de Felipe Massa de 27 millièmes de secondes, avant de terminer troisième en course, juste devant son coéquipier Nick Heidfeld. Les Grands Prix suivants, il confirme, et se place systématiquement dans les points.
A Monaco, il entrevoit quelques instants la victoire finale, mais finit à la seconde marche du podium. Au tiers du championnat, Kubica s'invite à la course au titre, ne possédant que 6 points de retard sur le leader du classement général, Lewis Hamilton. Le 8 juin, lors du Grand Prix du Canada, Robert profite de l'accrochage dans les stands des deux leaders de l'épreuve Lewis Hamilton et Kimi Räikkönen pour remporter la première victoire de sa carrière, également la première de l'écurie BMW Sauber, et pour s'emparer de la tête du championnat du monde.
Le reste de la saison est cependant plus compliqué pour Kubica. Après sa septième place sur le circuit d'Hockenheim, le Polonais se retrouve quatrième au classement général. Lâché par ses concurrents, il retrouve enfin le podium lors du grand prix d'Europe. Quelques semaines plus tard, il effectue un très bon départ au Japon, et remonte de la sixième place à la première. Après une belle bataille avec Fernando Alonso, et 18 tours en tête de la course, le Polonais finit à la seconde place. Avec les mauvaises performances des leaders, Kubica se reprend à rêver, ne possédant plus que 12 points de retard sur Hamilton. Mais lors du circuit suivant, disputé en Chine, le pilote polonais, lésé par une mauvaise séance de qualification, ne finit que sixième, et dit adieu à ses derniers espoirs.
Sans véritable objectif pour la dernière course à São Paulo, Kubica termine en roue libre sa saison, et troisième au classement final, à égalité de points avec Kimi Räikkönen. Après sa première victoire obtenue au Canada, et quelques semaines passées en tête du classement, il n'aura pas manqué beaucoup de choses au Polonais pour lutter jusqu'à la dernière course. Le plus régulier des pilotes de F1 (14 fois dans les points, avec le champion britannique), heureux du travail accompli avec BMW, visera forcément plus haut en 2009.
2009 : La déception
Robert Kubica débute pour BMW la saison 2009, toujours en compagnie de Nick Heidfeld.[8] De grands espoirs de victoire et même de titre mondial sont fondés sur la saison 2009 du Polonais, saison qui malheureusement pour lui va très rapidement s'avérer frustrante. Lors de la première course en Australie, il lutte avec Sebastian Vettel pour la seconde place, mais à 3 tours du but, accroche l'Allemand en sortie de virage, puis accidente sa BMW dans le mur au virage suivant. Mais, au fil des courses, les performances des BMW sont en stagnation totale et Kubica, de même que Nick Heidfeld, dégringolent littéralement dans la hiérarchie, finissant en queue de peloton à Sakhir et se qualifiant aux 16e et 17e positions à Monaco. Robert Kubica n'a d'ailleurs pas caché son énervement lors de ces courses, ne se voilant nullement la face sur le piètre niveau de performance des monoplaces allemandes en ce début de saison. Il finit néanmoins la saison avec une 2ème place au Brésil.
Etant donné la disparition du constructeur bavarois (BMW) pour la saison 2010, Robert Kubica s'est engagé chez Renault F1 Team.
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